Alea Jacta Est

Chers tous,
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On a signé.
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Après 2 mois de tergiversations, écoutant tantôt notre envie, tantôt notre raison, récoltant tous les avis, tous les conseils, et toutes les expériences d'autrui possibles...
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On part tous les deux travailler pour une société minière au Congo qui redémarre une exploitation de cuivre et cobalt laissée à l'abandon.
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On peut le voir comme participer à l'exploitation et la corruption du peuple Africain. Et on y a pensé en triant les idées sur la balance du pour et du contre. Mais on peut voir aussi que les mines donnent du travail au peuple malgré tout et que ses employés bénéficient d'une prise en charge médicale sérieuse.
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Pour les personnes qui ne travaillent pas dans la mine, un plan de santé communautaire est en chantier. J'ai signé pour en être la coordinatrice. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, ni quelle sera ma tâche, mais participer au développement d'un village africain est déjà suffisemment motivant pour moi.
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C'est également ce qui motive François, et son moyen à lui de participer sera technique. Faire en sorte que les objectifs soient atteins,

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Et puis, bien sûr, le côté aventure est séduisant.
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On part dans une ville ou il n'y a pas de route goudronnée, pas de cinéma, pas de supermarché, et où les chèvres ont élu domicile sur la voie publique. On part sans savoir vraiment ce qui nous attend au niveau professionnel. On part sans être sûrs de ce qui arrivera si ça marche ou si ça marche pas.

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Je commence le 1er août et François le 1er octobre.
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On devrait loger dans le seul hôtel de la ville pendant un moment car il n'y a pas de maison disponible. On travaillera 6 jours sur 7 , et en contre partie, nous aurons 3 semaines de vacances toutes les 9 semaines. Voilà qui nous donnera du temps pour visiter le Congo, la France, le monde entier finalement!! (koi?! on peut s'emballer un peu quand même, non?!)


Merci à TOUS de nous avoir aidés à prendre notre décision par vos conseils, craintes, et encouragements!

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Marie et François

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(Photos sur : http://welcome-to-savannahblog.blogspot.com/2008/05/au-congo-chez-stphane-et-delphine.html)

31 commentaires:

Won, Philippe et Raphael a dit…

Puree...c'est de la news ca...et de l'aventure en perspective...

Bonne route et va falloir qu'on fasse une grosse fiesta avant que vous partiez!!

Anonyme a dit…

Merci à vous de nous faire visiter l'Afrique

l'année dernière l'Afrique du Sud, l'année prochaine le Congo ... et dans 3 ans vous serez où qu'on puisse prévoir nos vacances ???

Pour les votre moi je vous propose un séjour à cheval sur Qatar, Abu d'Abi Oman ...

Tim

Anonyme a dit…

Oui, je suis OK avec mon homme!

Kisses à vous 2!

Marie a dit…

Ouai, ça me botte de plus en plus cette idée! surtout si c'est à cheval.
...
trop drôle la meuf.
On attend vos propositions de destinations pour dans 3 ans: ça peut se négocier!

Cécile ou Xavier a dit…

On ne se sera pas connu longtemps mais suffisamment pour être triste de savoir que vous partiez, snif... Mais c'est une super expérience qui vous attend là bas et pour tous les 2! Et puis si on peut et si on est invité, on viendra vous voir!

Marie a dit…

oh oui oh oui!!!
on jouerai aux nains saboteurs de mines!! et on mangerai des bonbons de chez Woolies!!
Oh oui!!

Anonyme a dit…

En fait si je compare :

Vous partez au Congo en étant bien mieux payés que la population locale pour les aider à être moins pauvres, tandis que nous nous sommes au Qatar, bien moins payés que les locaux, pour les aider à être plus riches ...

Globalement, dans les deux cas, on fait chacun de notre coté des efforts pour les autres, non ?

Tim
Philosophe de comptoir

Anonyme a dit…

Je suis bien contente pour vous, mais ça va nous faire un vide à Jo'burg!! vous allez nous manquer!! moi qui rêve d'aller en Afrique noire, le Congo sera peut-être la destination!!

Anonyme a dit…

C'est dommage mais bon vent à vous et donnez des nouvelles

Marie a dit…

- Tim: ahaha

- Marion: on repassera vous embeter régulièrement, c'est promis: on est obligés de passer par OR Tambo où qu'on veuille aller! et pis, bien sûr que vous serez les bienvenus dans notre maison si on en a une!

- Salut Roti! je sais bien que c'est la Sudafriquie qui t'interresse, mais en lot de consolation, tu auras bientôt un nouveau blog au Congo! :)

Anonyme a dit…

Volée de bois vert ou bon conseil. C'est comme on veut, il suffit de "voir comme".

Pudiquement, les commentaires précédents se sont retranchés derrière le vide que ce départ va créer, la grande fête que l'on fera pour se quitter, l'imprévisibilté des vacances à venir, ...etc. Mais personne n'ose vraiment dire la gêne et le doute qui l'envahit.
Sautons le pas.
Et qualifions ce choix que l'on peut "voir comme" du travail au peuple et des soins à la population locale, d'un choix profondément égoïste.

Egoïste vis à vis de François, à qui on a dit à n'en pas douter "si tu viens pas j'y vais quand même, tant pis pour toi, j'ai toujours rêvé de bosser dans l'humanitaire, j'y peux rien". Pourtant à une époque, François avait aussi des rêves, à lui. Mais on ne sait pas trop ce qu'il en a fait.

Egoïste pour la population congolaise qui voit tous les jours grossir le drain que les financiers de ce monde placent sur les ressources de leurs pays, sans en retirer le moindre bénéfice au niveau de la stabilité politique et des infrastructures de leur pays.
Un choix éthiquement douteux donc, car il participe d'une activité collective qui dans ses finalités, n'oeuvre pas au progrès social. Tout au contraire. Malaise donc.

On peut bien sûr essayer de se draper dans un "voir comme" (une expression typiquement Wittgensteinienne, qui a valu à ce grand penseur de notre siècle de se faire taxer de relativiste) de l'humanitaire à travers des projets de développement de centre de santé locaux. Mais j'appelle cela voler le manteau de vison de Paul pour donner un short à Pierre. La différence entre les deux, c'est Georges Forrest qui se la met dans les poches. (voir les liens ci-dessous : le principal actionnaire des Katanga Mines que Bruxelles tient du bout des pincettes, tant la réputation de l'homme est plus que sulfureuse en matière de corruption.).

Un point de vue éclairant
http://www.congonline.com/Forum1/Forum04/Cafiaux01.htm

Et celui de Libé
http://www.liberation.fr/transversales/grandsangles/204017.FR.php


A entendre ce discours, Marie part faire de l'humanitaire et François la suit pour atteindre des objectifs "techniques". On ne s'improvise pas ingénieur des mines ou alors c'est que le job peut-être donné au premier venu. Donc c'est retour à la case départ au plan carrière.

Comment des gens éduqués, comme François et Marie, peuvent-ils tomber dans un tel traquenard? Soif d'aventure, refus de tout système…Hélas, "voyager n'est pas guérir son âme", selon la formule célèbre de Sénèque. Pire, on peut l'y perdre si l'on ne comprend pas à un moment donné que la construction de soi passe par les multiples assujettissement sociaux auxquels on adhère volontairement, à l'intérieur desquels on se développe en les composant entre eux, pour se fabriquer sa propre expérience, dans un processus du collectif vers l'individu. Pour cela, il faut accepter de rentrer dans les structures sociales et s'y maintenir, car l'individu comme être premier n'existe pas. Tous les sociologues de notre époque s'accordent là-dessus. Le mouvement en sens inverse est celui de la désocialisation, dont l'étape ultime est l'état de SDF.

Que Marie n'ait pas de travail en Afrique du Sud, on conçoit que ça ne soit pas marrant. Quoique, pour démarrer, se faire une petite expérience, le bénévolat dans ce domaine doit pouvoir se faire. D'ailleurs, si j'ai bien suivi le blog, c'est ce que Marion, assistante sociale, essaie de faire avec succès manifestement. L'humanitaire selon moi, ce n'est pas seulement les populations en grande détresse au coeur de l'Afrique Noire; c'est aussi et surtout la détresse que l'on peut traiter autour de soi, où que l'on soit.

Mais que François gâche sa carrière dans une boite renommée pour "suivre" un plan foireux et surtout dangereux ; c'est difficile à avaler. Tant de jeunes de notre classe d'âge ont ramé pour trouver un job (ou rament encore); vendraient père et mère pour une place intéressante, sûre, qui offre des possibilités de mobilité dans un secteur de pointe, l'aéronautique, réclamant des compétences qui se monnayent encore correctement sur le marché du travail. François lui, a eu tout ça, d'emblée, trop facilement peut-être pour en connaître la valeur.

J'en appelle donc à vous tous, lecteurs fidèles de ce blog, pour donner votre avis sur un tel choix. Pas un avis de convenance, d'allégeance. Non, ce que vous pensez vraiment pour une fois.
Prenez donc le temps de vous renseigner un peu sur les mines en RDC. Vous le feriez? En donnant votre avis, je crois que vous rendriez à François et sans doute à Marie aussi, un fier service.
Les parents de François, sa sœur (moi donc) et son beau-frère, sa grand-mère, sa marraine, et bien d'autres personnes qui le connaissent, tous ont eu la même réaction : CE CHOIX N'EST PAS LE BON.

Car avoir dans son CV une expérience chez Katanga Mines, n'est peut-être par le meilleur atout que l'on puisse avoir pour la suite. Loin de là. Tant du point de vue professionnel que du point de vue de sa propre conscience.

Et puis ça aussi, ça fait envie non? (un site excellent de Human Rescue, un vrai ONG celle-là) http://www.societecivile.cd/node/3530

En disant cela, il va de soi que je ne me fais pas que des amis (si toutefois mon message est maintenu). Notez que, je ne prendrai pas la peine de rédiger un tel message si la personne visée n'était pas mon frère. Le rôle de la famille est parfois bien ingrat. Mais c'est ainsi.

Anonyme a dit…

Florence a brisé le consensus mou, en le disant elle aussi pudiquement, quand elle avance que "les commentaires précédents se sont retranchés derrière le vide que ce départ va créer".
Consensus mou des prises de positions trahissant la futilité des préoccupations de dominants: le voyage (exotique et insolite si possible), la fête.

"La balance du pour et du contre". Qu'y avait-il dans la balance? Des considérations personnelles, collectives, politiques?

L'alternative de l'exploitation et du fait de donner du travail. N'avez-vous pas envisagé la possibilité d'exploiter tout en donnant du travail?

J'aimerais comprendre ce que vous dites, quand vous écrivez : "On peut le voir comme participer à l'exploitation et la corruption du peuple Africain". Que désigne ce "On"? Sûrement faites-vous référence à tous ceux qui ont qualifié la position que vous alliez occuper de position de "l'exploiteur". Mais la suite de votre message est une grossière tentative de justification idéologique. L'idée de la balance est là: d'un côté il y a l'exploitation, mais de l'autre il y a le développement; or la balance s'équilibre, donc on annule la tension. C'est presque un acte magique, qui montre un rapport à la réalité objective (il y a des dominants et des dominés) totalement faussé.

Quel fonction remplit le discours idéologique autour du "développement", dans le fonctionnement de l'économie capitaliste moderne? Il me semble qu'il permet de justifier l'imposition par certains pays occidentaux d'un modèle de développement, le modèle dominant, à des pays dont les populations n'en ont que faire.

Prenons le cas de la Kabylie, en Algérie, ancienne colonie française. Il aura suffit de l'introduction de deux choses pour transformer/détruire leur organisation sociale: la monnaie, et la propriété privée individuelle (XIXè siècle; source: "Le déracinement", Bourdieu & Sayad). Et voilà, le travail était fait. Qui sommes nous pour détruire des organisations sociales et les transformer en imposant la nôtre? Des dominants, des colonisateurs, des pilleurs. Mais au moins que cela soit dit, que cela soit clair (il est possible, sans trop de peine, de défendre point par point l'usage de ces adjectifs).

Alors, si certains vous ont dit que vous alliez "participer à la corruption et à l'exploitation du peuple africain", quelle est votre position? (au passage, je suis très étonné de l'emploi du concept de "peuple africain"). Allez-vous être des exploiteurs? J'ai presque l'impression que vous ne vous êtes pas donné les moyens de le savoir, je cite:

"On part sans savoir vraiment ce qui nous attend au niveau professionnel"

Quel est le différentiel de salaire François/membre du peuple africain potentiellement exploité? A qui appartient la mine? Où part la production? Avez-vous entendu parler d'antagonisme de classe? Etc…

Et là où je reste pantois, c'est quand vous parlez d'aventure: "et puis le côté aventure est séduisant".

Ceci n'est pas un jeu. On ne joue plus là.

Laurent Henry

Marie a dit…

Voilà des idées qui font réflechir.
Je ne pensais pas subir une analyse aussi poussée, et il me sera difficile de répondre ici à tous les deux. D'autant que ce n'est pas mon point de vue que l'on recherche mais plutôt celui des lecteurs de ce blog.

Je ne me défendrai pas sur l'adjectif "égoïste", je suis d'accord: je suis infirmière pour moi, je voulais faire de l'humanitaire pour moi, et je veux rencontrer des gens différents pour moi aussi. Parce que c'est ma vie et que je veux faire tout pour la rendre viable.
Quant à François, il ne s'agit pas de savoir qui aura le plus d'influence sur lui: lui aussi est capable de faire ses propres choix, qu'ils nous plaisent ou non. Je le redis, c'est une décision que nous avons pris ensemble.
Je suis désolée que tu voies en moi la perte de ton frère. On peut en reparler en privé si ça te dit.

Quand au côté "c'est mal d'aller travailler là bas", ecoutez, c'est vrai que nous ne sommes pas à font dans la politique et qu'on ne sait pas exactement tout ce qu'il se passe. J'en conviens que c'est notre tort. M'enfin Laurent, on vient pas de t'annoncer qu'on va faire du trafic de prostituées au Congo. C'est pire? Ben tu vois, je me sens pas l'âme d'une exploitatrice et je ferai ce que je pourrai avec mes moyens.

Ce qui m'étonne c'est que ces invectives ne laissent pas beaucoup place à la discussion car le jugement est déjà tombé.

Si je comprend bien, on va compter à partir de maintenant le nombre de copains qui ne verront en nous plus que des traitres irresponsables.
Mais c'est bien de dire les choses.

Anonyme a dit…

Waouh! Je ne savais pas que ce blog était devenu le lieu de débats et de règlements de compte...

C'est sous estimer Marie et François que de penser qu'ils n'ont pas murement réfléchit cette décision. Et c'est sous estimé François que de penser qu'il se laisse influencer, par qui que ce soit. Ceux sont 2 personnes censées et responsables à qui je fais entièrement confiance!
Le choix leur appartient et ce qui est égoïste c'est de leur reprocher.

Y a-t-il eu tant de polémiques quand François à contribuer à la réparation d'avions de guerre? J'en doute car c'était une entreprise de renommée mondiale.

La famille n'a pas toujours le bon rôle, certes, mais une fois la décision prise par les intéressés, elle a un rôle de soutien. Enfin dans ma conception de la famille...

Et pour info, avec mon mari, nous avons donné notre avis à Marie et François, au delà de nos prochaines vacances, mais en privé.

mariga a dit…

Effectivement, je ne peux que réagir à ces commentaires…Marie nous annonce leur projet de déménagement et de nouveaux boulots au Congo, pensant juste donner des nouvelles, faire part de son ressenti par rapport à cette nouvelle situation…et au final, il en ressort toute une polémique autour de ce projet !!! Ce projet appartient à Marie ET François. Les connaissant, surtout Marie je l’avoue, j’imagine qu’ils se sont posés pour répondre à toutes les questions, qu’ils n’ont pas fait ce choix à la légère, et qu’ils ont fait ce choix à 2, ensemble ... Si Marie était égoïste, ça se saurait ! Mais peut-être faut-il arrêter d’être jaloux. Avant que Marie ne pense à exploiter d’autres personnes, il faudrait vraiment qu’elle ait complètement changé et j’en doute, sincèrement. Est-il nécessaire de se baser sans arrêt sur des écrits pour dire que vous n’êtes pas d’accord avec leur choix ? Ne pouvez-vous pas vous poser ces questions de manière plus personnelle ? Arrêtez de vous baser sur des clichés politiques et sociaux et prenez position personnellement et individuellement, soyez plus simples. Peut-être faut-il parfois se poser des questions pour soi avant de les poser pour les autres et de dire que leur choix n’est pas le bon…
En quoi est-ce un mal de dire que l’on part à l’aventure ? C’est une aventure en effet, mais la vie est une aventure et si vous l’avez oublié, vous avez bien peu de rêves dans vos vies. C’est une aventure tout simplement car il va s’agir d’une vie nouvelle, avec des rencontres nouvelles et des projets nouveaux. L’aventure c’est aussi d’essayer d’apporter aux autres et de recevoir d’eux…
Alors Marie et François, foncez, votre choix est fait et je vous soutiens dans votre projet. Et n’oubliez pas que c’est VOTRE choix.
Oui ces messages m’ont révolté, et alors ???

Anonyme a dit…

Ah tiens, étonnant ces derniers messages ... moi qui vient principalement sur ce blog pour avoir quelques nouvelles des derniers weekends folichons de Marie et de François. Et puis de temps en temps poser une bêtise en commentaire, pas toujours drôle je l'accorde volontiers ...

Mais là çà se politise un peu. Quel dommage. D'autant qu'on nous demande aussi notre avis. Alors je me précipite pour ne pas le donner, du moins publiquement. Je rêverais personnellement de m'assoir dans un canapé, avec Aude, François et Marie et ceux de leurs amis qui le veulent bien et d'en discuter (éventuellement, pour l'esprit "fête" décrier un peu plus haut, avec une petite bière ou , oh oui, un verre de porto). Il y a effectivement sujet à la discussion.

C'est pour cela que je ne le ferais pas sur un blog publique. Si Marie et François me demandent mon avis, je leur donnerais à eux (et je l'ai déjà fait d'ailleurs). Après il s'agit de leur décision, qui a certainement été réfléchie et (trop)synthétiquement justifiée dans les quelques mots de Marie (qu'on pourra toujours critiquer à l'aide de citations appartenant à d'autres)


Mais tout comme Marie et/ou François, je suis un peu égoïste et égocentrique, je vais donc parler de moi.

Je suis un passionné, et comme tous les passionnés j'ai parfois des oeillières. Mais je commence à comprendre que vous avez certainement raison Florence et Laurent, de vous être investit pour nous fournir tous ces éclaircissements.

Pour le coup, et grâce à vous, je viens de passer quelques heures sur le net et le bilan n'est pas terrible : demain je démissionne, je quitte le Qatar, je cache certaines lignes de mon CV au Maroc, parce que fondamentalement, beaucoup de choses ne sont pas ou plus en accord avec mon renouveau éthique. Pourtant je n'ai travaillé que dans de grandes entreprises ayant bonne réputation.

Fin du chapitre sur moi.

Au final puisque vous nous demandez un avis, j'aurai à coeur de vous en donner un, sur vos propres contributions. Mais là non plus je ne le ferais par respect pour François et donc de sa famille (0 vrai dire j'avais commencé, mais j'ai trouvé plus sage d'effacer mes propos)


Timothée

Anonyme a dit…

Une petite pensée pour François, et Marie, qui je pense souffrent de cette diatribe familiale, bien que attendue, et qui aurait pu être un discours avisé donc respectable (en plus y a des mots, j'les ai pas tous compris).

(Flûte, là j'ai donné un bout de mon avis alors que j'avais écrit que je le ferai pas. Décidément, le renouveau éthique c'est pas facile-facile)


Tim

Anonyme a dit…

J'ai effectivement formé un jugement de valeur.

Mais la discussion est ouverte, c'est bien pour cela que j'ai répondu. Je pose un certain nombre de questions, il me semble. C'est une esquive que de vouloir euphémiser votre position en avançant que

" M'enfin Laurent, on vient pas de t'annoncer qu'on va faire du trafic de prostituées au Congo"

L'esquive permet d'éviter la discussion. Peut-être penses-tu que la discussion est nécessairement un échange pacifique?

Et la question n'est pas, en première analyse de savoir si tu as, ou pas, "l'âme d'une exploitatrice". C'est bien là un faux problème. Une condition nécessaire, parmi d'autres, pour se libérer de ses déterminismes, et comprendre un peu la formation de son "âme", produit socio-historique, c'est de tenter d'objectiver sa position sociale.

La réalité de l'organisation sociale est bien d'être une structure de rapports de forces, que les dominants travaillent (plus ou moins consciemment) à reproduire. Toute discussion portant autour de la mise à jour de positions antagonistes sera conflictuelle, violente.

Le refuser, le nier, et qualifier en bloc mon message d'invective, c'est nier la réalité. Car il y a peut-être deux invectives dans mon message: un, la "futilité", mais c'est une erreur, je voulais écrire "l'a-politisme", et dans ce cas, si tu m'accordes la correction, ce n'est plus une invective mais un constat objectif. Deux, "me laisse pantois", c'est une invective.

Le reste n'est pas de l'ordre de l'invective. C'est une ouverture à la discussion. C'est violent, comme le sont les rapports sociaux. Le monde social n'est pacifié qu'en apparence, je ne fais qu'exprimer une infime portion de la violence objective qu'il contient.

Il existe des instruments de pensée qui permettent d'objectiver sa position dans les rapports de forces. J'ai cité Bourdieu & Sayad, parce que je l'ai étudié, et que cela me semble pertinent (moins à citer qu'à partager, pour nourrir la réflexion). Après, quand on s'est donné les moyens d'objectiver sa position, et donc l'origine sociale de sa morale, qui correspond souvent à l'universalisation de l'intérêt particulier des dominants, on gagne une chance de régler son action sur d'autres bases, en connaissance de cause.

La discussion que j'ouvre concerne votre position objective dans les rapports de force. Et le choix que vous avez-fait, comme ceux que nous faisons tous, ne vous engage pas seulement individuellement. Il nous engage collectivement. C'est pour cela que le débat public est une nécessité.

Laurent

Anonyme a dit…

C'est puissant quand même le Blog...merci pour vos réactions. Voici quelques unes des miennes.

"C'est vrai que nous ne sommes pas à font dans la politique et qu'on ne sait pas exactement tout ce qu'il se passe."
C'est là le nœud du problème. Si vous étiez tous deux déjà bien aguerris aux métiers de l'humanitaire à travers des expériences progressives dans les ONG d'envergures, on serait peut-être plus compréhensifs. Et bien sûr une très bonne connaissance des univers politiques et diplomatiques des pays en voie de développement fait partie du lot. Ce n'est pas pour rien qu'il y a, à Genève un Institut Universitaire du Développement Durable qui forme les futurs cadres des ONG au cours de 4 longues années d'études.
Sinon, le risque c'est de faire comme l'Arche de Zoé : têtes brûlées, pleine de bonnes intentions mais manifestement pas assez de culture pour faire la différence entre des enfants tchadiens arrachés à leurs familles et de vrais orphelins soudanais. Résultats : le remède est pire que le mal, avec quelques mois de taule à la clé. Enfin, au Tchad, Sarko s'en est mêlé, mais au Congo, moins sûr qu'il se mouille.

"Ce qui m'étonne c'est que ces invectives ne laissent pas beaucoup place à la discussion car le jugement est déjà tombé."
C'est oublier un peu vite que cela fait déjà plus d'1 mois qu'on discute en coulisse. Le jugement peut donc maintenant tomber car vous déclarez vous-même avoir "signé".

"contribuer à la réparation d'avions de guerre?"
Sans faire l'apologie de la guerre, il y a une marge entre l'entretien des avions de chasse au service d'un état dont le pouvoir politique est établi démocratiquement et la corruption directe d'une pseudo-classe politique congolaise qui accumule BMW et maisons sur la Côte d'Azur pendant que son peuple crève. Bien sûr dit comme cela, cela fait très image d'Epinal. Qu'est-ce qu'on fait : on ferme les yeux, on y participe indirectement ou on saisit la première occasion pour s'insurger (au moins un peu)?

[La famille] "elle a un rôle de soutien"
Oui très certainement, et ce soutien comprend aussi la prévention des comportements dangereux pour soi comme pour les autres. Cela s'appelle le maintien du lien social par opposition à l'individualisme débridé du "chacun fait ce qu'il lui plait".

"Avant que Marie ne pense à exploiter d’autres personnes,"
Ce n'est pas Marie qui va exploiter des personnes. Pour comprendre le profond malaise que ce choix pose, il faut à la fois distinguer les plans individuels et collectifs, mais aussi savoir les articuler. Un travail de sociologue me direz-vous.

"Est-il nécessaire de se baser sans arrêt sur des écrits pour dire que vous n’êtes pas d’accord avec leur choix ?"
Parce que c'est comme cela que procède tout mode de pensée. Notre pensée individuelle n'est que le produit des pratiques collectives via un processus d'incorporation (si on est Boudieusien) ou d'intériorisation (si on est Vygotskyen). Or ces pratiques collectives sont cristallisées dans le langage, les écrits, les textes qui nous entourent et ce sont eux qui nous servent à penser: Penser non pas en reproduisant la pensée des autres, mais en la recomposant de manière toujours originale, en fonction de son propre parcours expérientiel. Au fond, c'est là le miracle de l'Humanité.
S'exprimer en citant les écrits des autres, c'est rendre objectif, ce rapport de la pensée individuelle au collectif- autrement dit, c'est une pratique scientifique
Croire que l'on produit des formes de pensée "personnelles" ex-nihilo, n'est qu'une vision de sens commun. Comme l'on pourrait croire que la Terre est plate…parce qu'à regarder autour de nous, ça n'a pas l'air rond.

Au fond j'aime bien la formule finale de Laurent H. : l'aventure dans ces conditions, c'est pas un jeu. En tout cas moi je refuse d'y jouer. Comme d'autre, j'essaie simplement de vous en prendre conscience.

Anonyme a dit…

Décidément j'ai un soucis avec vos contributions Florence et Laurent. Un problème de forme qui m'empêche de voir le fond.

Je sais pas quelles hautes études vous avez bien pu faire, mais dans les miennes, qui sont modestes, on m'a toujours dit : si tu veux te faire comprendre d'un maximum de personnes, exprime toi à leur niveau.

Et là j'ai l'impression que vous nous surestimez ...

Il n'est pas de discussions possibles puisque de toutes manières, grâce à vos références, vous rendez, si j'ai bien compris, vos discours scientifiques donc objectifs.

Et puisque ce discours (ou diatribe selon comme on le perçoit) puise dans un tas de références certainement bien plus crédibles que nos petits modes de pensées individuels qui ne nous appartiennent finalement pas, il en devient universel et non opposable.

Ou alors j'ai rien compris et çà confirme mes 2 premiers paragraphes

De toutes manières, tout comme d'autre que votre discours (ou diat ... enfin bref voir plus haut) vise, que j'en ai conscience ou non, je continuerai d'agir de manière subjective car je ne sais pas qui sont ni Boudieu, ni Vygotsky et que je m'en fous.



Timothée

Anonyme a dit…

PS pour Florence : la petite PME familiale qui construit et répare des avions (entre autres dit "de guerre"), tout comme la grosse entreprise européenne qui fait aussi des hélicos et des fusées, ne sont pas des entreprises d'état qui se contentent de ne vendre leurs produits militaires qu'au pays finement sélectionnés pour leurs qualités sociales et politiques ...

Won, Philippe et Raphael a dit…

Salut a tous,
J'ai bien lu ces differents echanges et notamment un reproche sur "la fiesta" proposee par moi meme..,bref...
je vais pas en rajouter, mais juste noter que parler du contexte politique d'un pays pour "reprocher" ou "deconseiller" a quelqu'un de s'engager vers un job est une question personnelle et ne devrait en aucun cas etre une reproche. Je me souviens d'un projet pour lequel j'ai bosse a Jerusalem en 2001, et certains de mes collegues refusant d'etre implique sur le projet (meme en restant assis a Paris) a cause du contexte dans les territoires "occupes" en Palestine. Pourtant ce projet etait un tramway et n'avait rien de militaire, chacun ses idees et chacun est responsable de ses decisions. La boite a respecte les decisions de ces collegues, et vice versa. Bosser dans des grandes boites pour des dictatures qui exploitent leur peuple ca se fait a tous les niveaux, du simple employe au consommateur, et je vais pas reprocher a certains d'acheter des adidas qui sont surement assemblees en Chine par des enfants de moins de 10ans travaillant 14h par jour (cliche je sais mais o combien realiste).

Je pense plutot que cet argument avance ici dans le cas de Marie et Francois est une maniere de contourner la vraie raison de la "colere" de certains :voir Francois changer de domaine, et "oublier" sa carriere aeronautique...choix que Francois a obligatoirement bien pese j'imagine, il est grand le garcon, et cette nouvelle aventure avec Marie, sera, je suis sur, propice en experiences personnelles et professionnelles et "vendables" dans le futur.
La carriere ca se construit dans ce que l'on aime generalement, et peut etre que Francois a envie de voir autre chose, il est jamais trop tard pour etendre son champs d'action, et se donner un nouveau challenge a relever.
Bon, encore une fois, bonne route, on garde le contact, et bientot une grosse bouffe (Won m'a parle du week end du 18 Juillet).

mariga a dit…

Timothée président!!!!

Anonyme a dit…

Avant de venir apporter de l'eau aux moulins de certains et mon grain de sable dans l'engrenage de quelques autres, j'ai tenu à appeler Marie. Tout d'abord, parce que je m'inquiétais pour elle et pour François: Florence et Laurent, je pense que vous ne vous rendez pas vraiment compte de l'impact de votre jugement (car, oui c'est bien de cela qu'il s'agit) sur Marie et François qui vivent à des milliers de kilomètres de vous et qui voient leur décision et leurs actions jugées publiquement (non, les lecteurs de ce blog ne connaissent pas tous Marie et François personnellement).

Pour ma part, je connais certainement mieux Marie que François. Je suis une des françaises vivant à Johannesburg et j'ai découvert Marie et François par l'intermédiaire de leur blog.

Après avoir lu les commentaires précédents, je reste sans voix. Vous vous souciez, Florence et Laurent, de la carrière de François et accusez Marie d'égoïsme en voulant penser à la sienne. Un couple fonctionne bien à deux, si je ne m'abuse? En gros, si je comprends bien, il est juste que Marie ait mis de côté sa carrière pour un an qui se transforme en 2 (car c'est bien ce qui s'est passé, puisque le contrat de François a été prolongé), mais François ne devrait pas remettre en question la sienne (il n'a même pas à s'arrêter de travailler, lui!) au profit de celle de Marie? Ah, je vois que les bons vieux schémas sociaux vont bon train! Pour avoir fréquenté pas mal d'expats, je n'ai jamais, à ce jour, rencontré d'expatriée pour laquelle son conjoint aurait mis sa vie professionnelle de côté. Bref, la femme semble devoir suivre l'homme partout sans se plaindre. Marie n'est pas comme ça et c'est tant mieux.
Si l'équilibre du couple de Marie et François était remis en question parce que Marie n'a pas d'activité professionnelle, je trouverais cela dommage pour eux deux, car oui, François aurait un joli CV mais il risquerait de rentrer de Joburg, seul et malheureux. Je ne souhaite ceci ni à l'un, ni à l'autre!

Pour avoir rencontré François plusieurs fois, je ne pense pas non plus, que ce soit le genre d'homme à se faire manipuler. Ni que Marie soit une manipulatrice, d'ailleurs! C'est avoir bien peu de considération pour son frère que de penser qu'il n'ait pas capable de peser le pour ou le contre dans ses décisions.

Lorsque j'ai vu que les questions politiques étaient abordées, j'ai cru que vous vous souciez de la situation par rapport à la sécurité de Marie et François. Bien mal m'en a pris!

En revanche, je trouve incroyable que vous vous posiez la question de l'exploitation des congolais sans avoir une seule fois posé la question de l'exploitation des sud-africains. François gagne ici environ 50% du salaire qu'il mériterait, qu'en est-il de celui des sud-africains noirs qui travaillent en dessous de lui?
Le problèmes existe partout et on ne peut pas tenir Marie ou François comme responsable d'une situation continentale, voir mondiale.
Quand on fait le choix de vivre ou travailler en Afrique (comme je l'ai fait, il y a déjà 5 ans), on vit en permanence dans une réalité douloureuse. Non, on ne vit pas avec, on la vit point! Et on essaye bon gré, mal gré, de faire ce que l'on peut pour améliorer le quotidien de chacun. C'est une remise en question de tous les jours. Mais au moins, on a les pieds dedans et on en parle en sachant ce que c'est.
Marie et François ont bien conscience de ceci et je les sais suffisamment alertes pour réagir si la situation dans laquelle ils évoluent et l'éthique de la compagnie pour laquelle ils travaillent leur paraît reprochable.

S'ils se trompent? Peut-être... Je suis d'avis qu'il est mieux de regretter ce que l'on a fait plutôt que de ne rien faire du tout.

Si ils doivent le faire sans l'accord des leurs, tant pis. Ce ne sera sans doute pas la dernière fois qu'ils feront un choix pour eux, en dépit des autres! Que ces choix soient bons ou pas, ce sera à eux d'en juger...

Marie et François, je ne peux que vous souhaiter tout le bonheur du monde, qu'il soit en RDC ou ailleurs. Vivez pour vous et par vous-même et avancez, quoiqu'il arrive!

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je ne suis généralement pas adepte des commentaires et manifestations publiques mais là je ne peux pas laisser passer ça.

En fait au début j'ai cru que c'était une blague. Puis je suis allé sur le blog et j'ai cru tomber de ma chaise...

Je peux comprendre les inquietudes d'une soeur et d'une famille aimante. Mais un procès de ce genre j'ai du mal... Où est passé le soutient familiale?
Avez-vous pensé une seconde que François, puisque c'est de lui qu'il est question, ait pris cette décision pour lui. Certes, le secteur de l'aéronautique est un secteur de pointe, mais plus vraiment porteur de nos jours...
Et François est payé à 50% de sa valeur (et je suis généreux) et n'a pas de vraies perspectives d'évolutions à court ou moyen terme. Il travaille comme un forcené pour des cacahuètes.
Et pendant ce temps, la femme qu'il aime se morfond à ses côtés. Quel autre choix avait-il que de partir?

Une belle opportunité s'est présentée à lui. Il a décidé de la saisir. Il s'est posé des questions. Ca c'est clair. Mais les bonnes, celles qui le concernent lui, son CV, son avenir et leur avenir bien sûr. On ne construit pas son CV avec la réputation de son employeur mais avec son expérience et ses réalisations.
Savoir si le dirigeant des mines Katanga est impliqué dans des problèmes de corruption ou pas, n'a que peu d'importances. Désolé mais nous sommes en Afrique. Quel dirigeant africains est blanc comme neige ? Quel gouvernement Africain est blanc comme neige ?
Le Business en Afrique est une affaire de corruption. Les plus grands ont des soucis (cf Siemens, Bouygues, etc...). Faut-il arrêter de travailler en Afrique et avec l'Afrique, pour un monde plus propre ? Faut-il laisser le continent Africain se débrouiller seul ? Si oui, quittons aussi l'Asie du Sud-Est et l'Amérique Latine, car ce sont des gens pas bien qui font des choses pas bien. Et ne parlons plus aux Russes non plus, car là bas c'est pire que tout.
Restons en France et suivons les évolutions trépidentes des grèves et des manifestations, des fonctionnaires et autres travailleurs syndiqués qui se battent pour un monde meilleur et un portefeuille plus rempli. Métro, boulot, dodo, tout sera parfait comme ça, ou presque...

Chers moralisateurs, connaissez-vous l'Afrique ? A vous lire, je ne pense pas.

Je pense qu'il faut s'intéresser à l'Afrique et aux africains, les connaîtres et les aider. Mais il faut aussi travailler et gagner sa vie pour pouvoir les aider. On n'est pas tous philanthropes. En tout cas on ne peut pas tous l'être.

Je pense très sincèrement que ce continent est exceptionnel et a un potentiel exceptionnel. Mais sans les entreprises et entrepreneurs occidentaux ils n'y arriveront pas. Regardez le Zimbabwe. Ils ont mis tout le monde dehors et c'est encore plus le bordel qu'avant, ils courrent à la catastrophe.

Quant aux accusations d'égoïsme vis à vis de Marie c'est bien mal connaître le contexte. Puisque Marie n'aurait pas pu partir seule. Katanga voulait François et a proposé un poste à Marie pour qu'IL vienne. Et pas l'inverse. Il ne s'agissait pas non plus d'une extraordinaire coincidence ou Katanga recherchait 2 profiles et est tombé sur ce merveilleux couple. Ils le voulaient lui et ont commencé par la séduire elle. C'est peut-être dégueulasse mais c'est comme ça.

Pour en revenir au CV de François, il ne souffrira pas de cette étape congolaise. Au contraire, il montrera toutes ses compétences de gestion de projet et de manager, et son expérience en sera renforcée et sa valeur accrue. Contribuer au redémarrage d'une mine de cette ampleur dans un environnement aussi difficile, ce n'est pas rien. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Cette pige, puisque c'est bien d'une pige qu'il s'agit, lui permettra de choisir tranquillement sa prochaine étape. Il aura le luxe de pouvoir prendre son temps et d'attendre la bonne opportunité.

Je fais évidemment parti des gens qui ont poussé François et Marie à accepter ce challenge. Mais je n'ai pas fais de références sociologiques ou philosophiques, et encore moins politiques (enfin si un petit peu mais plus sur la situation politique du Congo et l'aspect sécuritaire de la vie au Congo) pour les aider à faire leurs choix. Car il s'agit bien d'eux, et pas de ce qu'en pensent les autres. Certes Marie a été convaincu plus vite que François, mais elle avait des doutes aussi et je n'aime pas lire ce que je lis.

Je fais aussi parti des exploiteurs et collonisateurs puisque je travaille en Afrique et avec l'Afrique depuis 7 ans. J'exploite depuis 3 ans mon personnel de maison que ce soit au Sénégal ou en Affrique du Sud. Et pourtant je pense que j'ai fait plus pour eux que ce que vous ne ferez jamais pour un africain, un français ou un polonais.

Pour vous faire une idée, allez les voir dès qu'ils seront sur place. Passez du temps avec eux avec les Congolais. Apportez leur votre soutient. Sans vous ce sera plus difficile encore. Pour l'heure il s'agit de leur souhaiter plein de réussite. S'ils se plantent vous leur direz que vous aviez raison et vous les aiderez à se relever. S'ils réussissent vous serez content pour eux, fier d'eux. Mais les empêcher ou tenter de les empêcher de faire ce qu'ils veulent ne va pas les aider. Au contraire, ...

Yann, un ami de François et Marie.

Anonyme a dit…

Le rôle de "copain", et de surcroît, de "copain pouvant être tenu responsable de la rencontre de Marie et Francois" me pousse à m'exprimer comme tu nous invites à le faire Florence, alors que je ne suis absolument pas orateur ni littéraire...

En tant qu'ingénieur d'abord, je dirais que des compétences acquises dans un domaine sont transposables à un autre domaine. Le sérieux et la rigueur de l'aéronautique sont biensûr recherchés dans la production. Donc NON, Francois, par son diplôme et son expérience ne repart pas de 0.

Ensuite, je ne doute pas que Francois a su dire "au revoir" correctement à son entreprise pour que ses facultés, qualités... restent en tête des décideurs de Marignane: l'ouverture d'esprit et la débrouillardise qu'il va acquérir au Congo ne sont pas incompatibles avec un retour dans la même entreprise, ou dans le même secteur d'activité, qui, il est vrai, font partie des rêves de Francois. Donc partir au Congo ne veut pas dire: se couper de ses rêves de gamin.

Ensuite, il y a biensûr le côté éthique. J'ai travaillé chez TOTAL, "les plus pourris des plus pourris" disent les boycotteurs de la marque qui continuent à aller en vacances avec leur Van, mais dont l'essence provient de chez "Leclerc" pour boycotter TOTAL (l'hypocrisie, pour ceux qui ne le sauraient pas, c'est que Leclerc a ni raffinerie ni recherche pétrolière... )
Bref, TOTAL, c'est des "pourris", mais en Mauritanie, ils avaient les moyens de se payer un petit Français pour régler des aspects sécuritaires: extincteurs en stations, remplacement des camions, formation.... ainsi que des actions de développement durable: récupération des huiles de vidange, une station à énergie solaire, plan d'épargne salariale... Je suis d'accord pour dire qu'ils dépensent pour ne pas être attaqués sur certains points, afin de faire plus de profits encore par ailleurs.....mais ca faisait clairement avancer les choses dans le bon sens malgré tout.

On est dans un monde hyper capitaliste, c'est vrai et par beaucoup d'aspects regrettable. Mais ce n'est pas parce qu'il y a de l'argent que c'est mal, dégueulasse...si cet argent peut, à certains égards contribuer à un certain développement.

Je reste persuadé que le développement engendré par TOTAL en Mauritanie a beaucoup plus d'impact positif que les projets de la communauté Européenne et autres ONU pour "lutter contre la pauvreté", mais qui servaient en fait des enjeux macro-économiques de négociation de quota de pêche, en distribuant de l'argent collecté auprès des entreprises...

L'Afrique est en panne. Développer son industrie est peut-être un moyen de l'inviter à la table des décideurs de ce monde qui, de toute manière, sont des hyper-capitalistes. Peut-être est-il préférable de prendre le train, même si on est persuadé qu'il ne mène pas au bon endroit, plutôt que d'attendre sur le quai des heures qu'un meilleur train se présente....
C'est ma vision peut-être pessimiste, mais qui ne mérite pas de débat.


Enfin, le coté fougueux, aventurier et spontané, ces deux là l'ont toujours eu, et ce, dès leur premier jour :-)) !! Biensûr que partir au Congo c'est l'aventure, l'inconnue... Ca l'était déjà de partir en Sudafriquie, comme ca l'était d'acheter une camionnette pour faire 5000km en traversant le sahara et comme ça a pu l'être que de se porter responsable légal de 30 scouts qui courent de partout...

C'est de ce coté là que François et Marie envisagent les choses et je comprend leur décision d'aller tenter l'aventure au Congo.
J'ai même dit que j'irai les voir dans leur nouveau trou du cul de brousse, mais je me suis peut-être un peu avancé!!!

François et Marie, je vous souhaite bon vent dans cette nouvelle aventure qui vous fait envie tous les deux, mais biensûr qu'il ne faudra pas vous obstiner dans vos choix, si vous n'y trouviez pas votre épanouissement.

Bien amicalement à vous deux,

Francois

Marie a dit…

Ouah! c'est un record!! 26 commentaires et voici mon 27ème!!
Si j'avais su, j'aurai dit dès le début que nous nous apprettions à prendre une décision de fou!!

Merci à tous pour vos réactions qui m'ont mis la larme à l'oeil (les pros comme les contre, les publiés et les privés, ceux qui se sont exprimés et ceux qui je sais ce qu'ils pensent même s'ils ont pas parlé)

Et je suis d'accord avec Mariga: Tim président!!

Ouai ben moi je préfère quand on rigole sur ce blog quand même...

(j'ai plus peur de dire des counneries -comme dirait Gaelle- de toute façon, je suis fichée!)

Anonyme a dit…

Merci pour tous vos commentaires.
J'ai apprécié le point de vue de PAC, bien étayé, mais hélas je ne puis le suivre sur le fait que François retrouvera aisément la reconnaissance de ses chefs actuels, si d'aventure il souhaitait revenir. Dans l'industrie, ceux qui partent de leur plein gré (en laissant éventuellement 1 ou 2 projets en carafe sur les bras desdits "chefs") ne sont pas repris.

Ce sera ma dernière réponse, car, par ailleurs, me faire taxer de traditionaliste me fait sourire.

"Ah, je vois que les bons vieux schémas sociaux vont bon train! Pour avoir fréquenté pas mal d'expats, je n'ai jamais, à ce jour, rencontré d'expatriée pour laquelle son conjoint aurait mis sa vie professionnelle de côté. Bref, la femme semble devoir suivre l'homme partout sans se plaindre. Marie n'est pas comme ça et c'est tant mieux."

Rien à voir avec les schéma sociaux traditionalistes mais bien plutôt avec le mirage dont Marie et François sont victimes.

Il se trouve que la vie de couple en expat, mon mari et moi en connaissons un bout et depuis mes activités au sein d'une commission égalité Homme – Femme pour l'emploi dans l'université où je travaille, les revendications féminines, j'en connais un bout aussi. Et croyez-moi, le milieu universitaire est un monde de requin pour les femmes.

La règle n°1 quand on part en expatriation pour une société, c'est de négocier AVANT les possibilités de travail et/ou formation et / ou reconnaissance de diplômes et/ou permis de travail pour son conjoint. APRES c'est trop tard… Trop de femmes d'expat partent en se disant que "la-bas" il y aura tout à découvrir, ce sera une vie dorée…etc., et que finalement on verra sur place. ERREUR. Quand on prétend poursuivre une carrière, il faut assurer ses arrières avant de partir. Et croyez-moi avec un peu d'ingéniosité j'en connais quelques unes qui y ont tout à fait trouvé leur compte (Procter & Gamble, Unilever ...etc.)
De plus entre suivre son conjoint sans moufter et l'entraîner dans un milieu dangereux à tout point de vue, il y a une marge, surtout avec la naïveté de croire que l'on va faire de l'humanitaire alors qu'en fait, comme le dit Yann (merci pour cette précision publique, on s'en doutait bien mais…), c'est sur François que Katanga Mines a jeté son dévolu, et Marie n'a fait que servir d'appât. C'est bien ça le traquenard dont je parle.
Avec le job que François a, il peut travailler partout ailleurs dans le monde, notamment dans des pays à plus faible contrainte (Europe, USA, Australie, que sais-je?) où l'accès au travail d'infirmière pour Marie n'est pas impossible.

Donc l'argument de la pauvre femme expatriée ne tient pas… dans leur cas.

La règle n° 2, c'est que dans un couple, pour faire valoir sa carrière, encore faut-il qu'elle ait un poids, tant en matière de stabilité que par les revenus qu'elle apporte au couple. Mon mari gagne un salaire nettement supérieur au mien ; si demain on me propose un poste super motivant à l'Université de Petaouchnok (toujours dans le même rapport de prix), je ne vais pas lui demander de se reclasser, d'abandonner tout ce qu'il a construit dans l'entreprise où il est, juste parce "les femmes ont des droits", et que moi ce poste je le veux quand même. Si je fais ça, je sais que je ruine mon couple.

Le fond de la chose, tel que je le vois, c'est que Marie veut depuis toujours travailler dans les pays en voie de développement. C'est la raison pour laquelle François s'est démené pour avoir ce poste en Afrique du Sud. Une bonne idée a priori, que j'ai toujours soutenue (François peut partir au bout du monde ou il veut, personne dans la famille n'a pas la sensation qu'on nous l'a volé). Manque de bol, ce plan n'a pas marché; tous deux n'avaient pas envisagé qu'avec les tensions politiques et raciales que ce pays a traversé et traverse encore, on ne donnerait pas de boulot d'infirmière à une européenne (là aussi, vision politique nécessaire quant on fait des projets à l'étranger). Alors ils continuent, quitte à prendre de gros risques, quitte à s'enfoncer

Marie, elle n'a rien à perdre vraiment, elle n'a pas encore entamée sa carrière à ce jour. Mais François, c'est une autre histoire…

Mais l'affaire est entendue. J'ai eu à travers vos commentaires ce que je cherchais; une compréhension du monde dans lequel vit mon frère.
Et de ce point de vue, l'expérience est plutôt réussie.

Trèfle à Quatre Feuilles a dit…

Bah moi, j'ai même pas laissé de commentaire et j'aurais quand même été citée. Trop fort !
Marie, je te fais des gros bisous et je vous souhaite que du bonheur à tous les deux. Et pis c'est tout !

Anonyme a dit…

C'EST DU GRAND N'IMPORTE QUOI!!!

Ne réalises-tu pas Florence le mal que tu fais?

Marie a dit…

D'une maladresse de ma part, ce blog est devenu incontrôlable.

Je ferme volontairement l'accès aux commentaires de cet article avant que ça ne dégénere. Toutefois, chacun peut continuer à s'exprimer en privé.