WE du 14 au 16 juin
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Lorsque François rentre à la maison après une nuit long courrier, c’est pour poser sa valise, en compléter une autre, finir d’harnacher les motos sur la remorque, et repartir à l’aventure aussi sec.
On est comme ça nous.
Le Golden Gate est un Parc National au Nord du Drakensberg, à 400 bornes au sud de Johannesburg. Le paysage est si plat et la route si droite qu’on la voit se perdre à l’horizon, tandis que nous longeons les herbes jaunes de l’hiver Sud-Africain pendant des heures…
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A partir de Bethlehem (oui, il y a une ville qui s’appelle Bethlehem. En fait, Jésus est né en Sudafriquie mais pour les croisades ça faisait trop loin), le paysage change enfin et nous retrouvons la beauté du Drakensberg, un an après notre première rencontre : les montagnes apparaissent petit à petit, alors que le soleil couchant illumine l’herbe et la roche…
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C’est à Clarens que j’ai réussi à nous dégoter un B&B de dernière minute (le WE du 16 juin est toujours surpeuplé de vacanciers qui s’organisent 6 mois à l’avance pour réserver).
Gabriella nous loge dans sa maison à flanc de montagne, surplombant légèrement le petit village encaissé dans la vallée. Ajouté à cela un froid saisissant, et on se croirait dans les Alpes.
La formule de Gabriella est simple : pour 200 rands par personne nous avons une petite chambre avec accès à la salle de bain par le placard, couvertures chauffantes et boissons chaudes à disposition, et des Bons pour le petit déjeuner dans 2 restaurants de la ville.
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Dimanche matin, on s’équipe en motards et nous partons donc prendre notre petit dèj en ville, à la terrasse du Highlander. Avec vue sur les montagnes, la terrasse est en bois avec des tables en bois et des parasols pliés, le soleil réchauffe mais l’air est frais, et nous avons des gros blousons, un pantalon qui fait scratch-scratch et des bottes lourdes qui font du bruit sur le plancher. Serre Chevalier au restau d’altitude. Il manque plus que le forfait attaché à la poche.
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En direction de Rebellie Farm (une ferme privée qui accepte que nous venions jouer sur ses hectares), le paysage est magnifique et nous nous y perdons volontiers en chemin.
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Le Monsieur de la ferme dit qu’il y a 2 parcours pour 4X4, mais il pense que celui où il y a des gros blocs de rochers sera un peu difficile pour nos motos. C’est vrai que nous n’avons pas des motos de cross. Mais c’est vrai aussi que je débute et que je suis une fille !! alors, on va pas faire les marioles et on prendra l’itinéraire bis. Quoique l’appréciation du bonhomme quant à nos capacités de franchissement me met la puce à l’oreille : je les aies vu les photos du pierrier sur son site internet, et c’est pas « un peu difficile », c’est carrément impossible !
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Et c’est à partir de là qu’on rigole.
Très vite, une première épreuve nous oblige à réfléchir. Il s’agit d’une descente qui se termine en franchissement d’amas de pierres. Bon. Ok, je me lance.
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Et là se produit un phénomène assez étrange qui s’était déjà produit auparavant et qui aurait pu me coûter la vie. (Je dramatise un peu pour la narration).
Le frein se trouve sur la commande droite. L’accélérateur aussi. En descente, on se met debout et en arrière. On prend appui sur le guidon. Donc on prend appui sur l’accélérateur. Le terrain est accidenté, il faut gérer sa direction et son appréhension.
On passe en première, pour un peu de frein à moteur, donc on est en régime assez élevé déjà.
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Alors, pourquoi, dans un tel contexte, j’accélère quand je veux freiner ?!
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La loi de la gravité étant, je me retrouve par terre.
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La plaque minéralogique en hémiplégie faciale et une petite égratignure à la jambe, et je remonte sur ma bécane dans l’esprit que mon Maître m’enseignait : « on ne reste jamais sur une mauvaise impression ».
J’aurai mieux fait de penser au proverbe : « dans le doute, abstiens-toi. »
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Marie vol plané, deuxième.
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Là c’est plus drôle parce que j’atterris comme les pingouins, sur la poitrine, et je n’ai pas mal mais ne peux plus respirer. Je cherche mon air en sortant des sons d’agonie alors François s’affole : « quoi mais keskia mais parle moi ! » et dans un geste de premier secours, m’enlève mes lunettes.
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Nous estimons tous les deux que nous n’irons pas plus loin sur le circuit et que nous resterons sur les pistes damées.
Mais du coup je suis déçue pour Fançois qui aurait pu s’éclater si je n’étais pas une faible femme. En plus, on transpire sous la combi, le soleil tape fort maintenant et je suis fatiguée de tomber, donc pas de très bonne compagnie, et on a faim.
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On se trouve un endroit pour pic niquer et on commence à manger en boudant un petit peu.
C’est dans cette ambiance de défaite, que la béquille de la moto de François choisit de nous lâcher. Le casque neuf qui roule boule, la moto qui s’aplatit comme une bouse et qui se tord l’embreillage… C’est la loi de Murphy.
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Alors on s’en va se balader sur du goudron, dans le parc même du Golden Gate, et on sauve la journée !
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Envoyez les images!
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Le lendemain, on signe à nouveau pour le off-road, mais tranquille hein.
Le paysage est magnifique encore et rouler sur les petits chemins de terre procure une sensation de liberté qui donne des ailes. Je me surprends à passer une rivière, un petit mur à 60 degrés, une marre de boue, des petites descentes qui font peur…
Je me lance même sans hésiter sur une grande montée pleine de trous.
Mais je me viande en bout de course.
Ah ben oui einh ! qu’est ce que vous voulez ! c’est pas si facile !
Surtout que me voilà en pente avec une moto de 180 kilos par terre. Il est bien plus facile de mettre des skis perpendiculaires à la pente qu’une moto. D’ailleurs, ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire. Il faut juste la remettre debout, l’appuyer sur un arbre, aller tenir la moto de François (qui n’a plus de béquille), et le laisser ramener la malheureuse en terrain stable.
La montée continue et nous avons à faire maintenant à de la roche qui fait des petites marches. Pareil, je passe le plus dur mais à la fin je suis fatiguée et je tombe comme une merde. (si si, comme une merde : dès que j’y parviens j’envoie la vidéo!)
Cette deuxième chute est un coup fatal pour le moral.
La prochaine épreuve est une grande descente raide dans les gravillons, et j’ai peur des grandes descentes raides dans les gravillons. Surtout à cause du coup de l’accélérateur. C’est François qui fera passer ma moto après avoir fait passer la sienne.
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De l’autre côté, les quads ont laissé de profondes ornières dans la boue. Je regarde François s’y engager et s’y vautrer. La galère pour remonter la bécane… les bottes qui font ventouses dans un bruit de succion et la roue arrière qui patine… Tu parles d’un plaisir !! Mais qu’est que je fais là moi !! Le seul avantage c’est que je suis utile pour une fois.
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On continue mais le terrain reste difficile et glissant, et moi de plus en plus fatiguée.
Et à un moment donné, c’est le drame.
Blocage complet devant une petite descente de rien du tout. Marie, 5 ans, enfoncée dans la poudreuse jusqu’au cou, le nez qui coule et le masque plein de buée, attend qu’on vienne la chercher.
Je salue la patience de François qui a fini une partie du parcours en triple : avec sa moto, à pied pour venir chercher la mienne, avec la mienne.
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Ah, tu en veux de l’aventure, eh bien en voilà !
Résultat des courses : des courbatures, des bleus à droite et à gauche, des motos tout abîmées, de la boue sur tout le monde, mais un super WE !!!


2 commentaires:
Ben dis donc ca n'a pas l'air tres drole ces p'tites escapades en motocyclette...
Oui mais quand meme j'te dis BRAVO pasque ca avait l'air super dur...surtout l'histoire du ski avec le nez qui coule et tout...(ca sent le vecu). je crois que j'aurais pas aime!
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